Née en 1996, Eva Georgy (elle) est une artiste visuelle queer qui vit et travaille à Bordeaux et dans le Jura. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux, elle est issue d’un parcours académique dans le domaine de l’environnement et de la conservation-restauration d’art contemporain.
“Multiplier les mondes peut rendre le nôtre plus habitable. […] Je dis habiter, je devrais dire cohabiter, car il n’y a aucune manière d’habiter qui ne soit d’abord et avant tout “cohabiter”. Vinciane Despret, Habiter en oiseau
Sentir les effluves produits par la terre après la pluie, écouter des charançons festoyer dans un sac de grains, effleurer les nervures des feuilles … Habitée par les frémissements du vivant, Eva Georgy développe une pratique hybride et poétique qui émane d’expériences collectives et sensorielles associant performance, médiation, collage et installations pour composer une cartographie sensible du monde et reconfigurer nos représentations, nos interactions avec le vivant, en moyen de lutte.
Sa recherche artistique se concentre également sur l’eau et ses enjeux communautaires. Par exemple, elle s’intéresse à la manière dont la privatisation de sources et de cours d’eau peut transformer radicalement un paysage et une communauté et comment aborder ce sujet en incarnant une histoire commune aux identités multiples et régénératrices.
Ses œuvres sont dédiées à ses proches, ses amours à la multiplicité du monde queer. Elles ne sont jamais tout à fait figées, alimentant un récit global dont elle retravaille sans cesse les formes au gré des projets et des propositions. Elle construit des récits alternatifs aux régimes de savoir et de pouvoir dominants à travers trois axes : les modalités de co-construction des œuvres, de réappropriation de codes de représentation du vivant, et la revalorisation de l’expérience sensorielle pour déployer les mondes et les modalités d’existence par la création d’espaces au-delà d’un contexte perceptif clos, élargissant l’interaction aux subjectivités non humaines.